Dans les sociétés animales comme dans les sociétés humaines, on observe régulièrement des individus qui produisent des ressources et d’autres qui les captent. Contrairement à ce que les théories évolutives1 pouvaient jusqu’alors laisser penser, ces rôles sociaux ne sont pas uniquement dépendants de prédispositions individuelles. Au contraire, selon une étude menée chez des souris par des scientifiques du CNRS2 et de Sorbonne Université, leur répartition et leur stabilisation dans des groupes d’individus émergent d’une dynamique collective reposant sur le hasard de premières interactions et sur de l’apprentissage. Les rôles sociaux ne sont donc pas figés, mais dynamiques et très flexibles, permettant à chaque individu de changer de rôle lorsque le système dans lequel il évolue se transforme. Ces résultats, à paraître dans la revue Nature, le 1er avril, reposent sur l’analyse des rôles endossés par des souris dans un environnement semi-naturel où la nourriture s’obtient en appuyant sur un levier.


