L'EVOLUTION SELON DARWIN

Les premiers arguments solides en faveur de l'évolution furent publiés en 1859 par Charles DARWIN, sous le titre L'Origine des espèces.
L'évolution est l'ensemble des changements que la vie a subis depuis son apparition.

I- Avant Darwin

Platon et Aristote niaient l'évolution. Aristote, en particulier, croyait que les espèces étaient fixes et qu'elles occupaient chacune un échelon dans une échelle allant des formes les plus simples aux formes les plus complexes.
Le parti pris contre l'évolution était alimenté par les partisans de la théologie naturelle, qui prenaient au pied de la lettre le récit biblique de la Création.
Pour Cuvier, la succession des espèces fossiles dans les strates géologiques s'expliquait par des catastrophes qui avaient anéanti toutes les formes de vie.
Les géologues Hutton et Lyell avancèrent que les changements profonds de la surface terrestre résultent d'actions lentes mais continuelles.
Avant Darwin, De Lamarck (1809) formula une théorie de l'évolution selon laquelle les organismes transmettent à leurs descendants les caractères qu'ils acquièrent en interagissant avec leur milieu, ce qui augmente le degré de complexité et d'adaptation des espèces. Toutefois, on sait aujourd'hui que les caractères acquis ne sont pas transmissibles.

II- Origine du darwinisme

Il semble que les idées de Darwin commencèrent à se former au cours du voyage qu'il effectua sur le Beagle en qualité de naturaliste. Il s'étonna de la distribution géographique des espèces qu'il observa alors, notamment aux îles Galapagos, et des relations qui les unissaient. Il en vint peu à peu à penser que les nouvelles espèces émergent de formes ancestrales par suite de l'accumulation graduelle d'adaptations.
Après maintes tergiversations, Darwin publia L'Origine des espèces après avoir lu le manuscrit de Wallace, un naturaliste qui avait formulé de son côté la théorie de la sélection naturelle.

III- Les deux volets du darwinisme

Les idées que Darwin exprime dans L'Origine des espèces se composent de deux volets :
- les nouvelles espèces apparaissent comme une descendance modifiée d'espèces ancestrales.
- la sélection naturelle est le mécanisme de l'évolution. Elle repose sur l'inégalité des chances de reproduction. Cette inégalité résulte des variations qui existent entre les individus de toute une population et de la tendance à produire plus de descendants que les individus mal adaptés; par conséquent, ils transmettent leurs caractères favorables.

IV- Les signes de l'évolution

La biogéographie fut le premier indice qui suggéra à Darwin le concept d'ascendance commune. Il remarqua en effet que les espèces insulaires s'apparentaient plus étroitement aux espèces continentales qu'aux espèces vivant sur des îles éloignées, mais écologiquement semblables.
De plus, les données fournies par le paléontologie sont compatibles avec les autres catégories de preuves à l'appui de l'évolution.
La taxinomie hiérarchique s'accorde avec le principe d'ascendance commune.
Les structures homologues attestent un processus de remodelage évolutif.
L'étude du développement embryonnaire révèle des homologies indiscernables chez les individus adultes. L'organogenèse récapitule l'évolution (Haeckel).
L 'ADN et les protéines des espèces étroitement apparentées présentent des similitudes incontestables.